Annick Kocher est une nouvelle enseignante du Séminaire de culture théologique. Elle interviendra dans l'Unité 2 d'exégèse.
Au gré des changements dans le corps enseignant, les numéros de La Revue égrèneront quelques perles des nouvelles collaborations.
Entre-temps, petite interview d'Annick Kocher.
Interview d’Annick Kocher, nouvelle enseignante du SCT
Annick Kocher, en deux mots, qui êtes-vous?
Je suis une belgo-suisse, née à Londres, qui vit en France... Cela dit, j’ai presque toujours vécu en Suisse Romande: j’ai grandi dans le canton de Neuchâtel, et suivi des études de théologie à Genève. Avant d’être engagée comme assistante à la Faculté de théologie de Neuchâtel, je suis partie une année étudier la philosophie à Strasbourg. A la suite de mon assistanat, j’ai été engagée dans l’EREN (l’Église neuchâteloise) comme Responsable cantonale de la catéchèse, pour le secteur de l’enfance. Mais je viens de quitter ce poste, en raison d’un départ à Strasbourg. Je suis mariée et j’ai trois enfants: une fille de sept ans, et deux garçons, de cinq et deux ans.
Pourquoi avez-vous choisi d'étudier la théologie?
Je me destinais d’abord à autre chose: j’hésitais entre la psychologie, la pédagogie curative, ou la philosophie. Mais au moment de choisir la filière que j’allais suivre après le Bac, il s’est trouvé que je rédigeais un travail de français, que j’avais choisi d’orienter autour de questions religieuses. Ce travail m’a amené à réaliser que j’avais beaucoup de questions en ce domaine, auxquelles j’avais envie de trouver des réponses. A 18 ans, j’ai donc décidé de consacrer quelques années à répondre à mes questions, en me disant que je suivrais une formation professionnelle «plus pratique» au terme de mes études. Au final, je suis ressortie avec davantage de questions que de réponses… ce qui m’a donné le goût de poursuivre, raison pour laquelle je ne me suis jamais arrêtée!
Une découverte spirituelle qui compte pour vous?
Sans doute la découverte que Dieu, pour reprendre des expressions du théologien allemand Eberhard Jüngel, n’est pas un Dieu «au-dessus de nous», mais un Dieu «parmi nous». Dieu se donne à connaître et à expérimenter dans les relations que nous pouvons avoir les uns avec les autres. Cette découverte m’a amenée à considérer la théologie tout autrement : non seulement comme une discipline intéressante, mais comme une véritable quête existentielle. La dialectique du Dieu caché et du Dieu révélé me parle beaucoup : ce que nous pouvons connaître de Dieu ne borne pas ce dernier dans nos limites humaines. Au contraire: c’est une invitation à reconnaître qu’il nous dépasse infiniment. Il me semble qu’il en est de même dans les relations humaines: nous ne pouvons jamais dire que nous connaissons vraiment quelqu’un, que nous en avons fait le tour ; nous ne pouvons que nous approcher de ce qu’il est.
Pourquoi avez-vous accepté d'enseigner au SCT?
La théologie est pour moi une véritable passion. J’aime l’étudier, mais j’aime aussi en discuter. J’aime l’échange d’idées, le partage d’expériences: la multiplicité des interprétations que génère un texte biblique à la fois me stimule et me fascine. J’ai toujours vécu ces échanges et mes rencontres avec les autres comme très enrichissants. A la fin de la discussion, et même si l’on est convaincu d’avoir raison, on ressort changé, décentré. Il me semble que c’est précisément cela la théologie: être décentré par rapport à ses convictions, pour accueillir un autre avis, une manière de voir différente, qui transforme notre propre vision des choses.
Que veut dire pour vous "travailler avec des adultes en formation"?
Précisément cela : partager ses découvertes, débattre de ses positions, échanger ses expériences, voire remettre en question ses convictions initiales. Les adultes arrivent en formation avec leurs interrogations, leurs incompréhensions, leur propre cheminement existentiel et théologique. Toutes ces expériences, tous ces apports enrichissent la formation ; ils invitent chacun et chacune à se décentrer, pour entrer dans la compréhension de l’autre. Etre en formation, cela signifie, pour moi, accepter de faire un bout de chemin ensemble, d’avancer de manière commune dans sa quête, pour la considérer sous un nouveau jour.
Une attente, un souhait, un vœu?
Que l’Unité 2 que j’animerai en janvier et février 2010 puisse prendre cette forme d’échanges et de partages, et que chacun puisse trouver du plaisir dans cette recherche commune!
