Présentation de la discipline enseignée: pourquoi l'histoire?
Pourquoi s'intéresser au passé? L'histoire n'est-elle autre chose que l'examen quelque peu morbide de documents vieillis et sans intérêt de nos jours?
L'historien n'a que faire de cadavres. S'il étudie le passé, c'est pour mieux comprendre l'être humain et ses réalisations - non pour en tirer des leçons, mais pour percevoir d'où nous venons et où nous en sommes.
L'historien n'a que faire de cadavres. S'il étudie le passé, c'est pour mieux comprendre l'être humain et ses réalisations - non pour en tirer des leçons, mais pour percevoir d'où nous venons et où nous en sommes.
Interpréter les documents du passé réserve souvent des surprises: bien des idées que l'on croit anciennes sont de facture récente; d'autres, d'allures si modernes, sont vieilles de plusieurs siècles; d'autres encore (telles les Terreurs de l'An mille) sont pure invention.
Analyser le passé permet de prendre ses distances par rapport au présent: différentes façons de vivre et de penser ont vu le jour durant les siècles qui précèdent. Aux yeux de l'historien, elles sont aussi valables que celles d'aujourd'hui. Par l'examen critique du passé, l'histoire ouvre de nouvelles pistes à la créativité humaine, lui suggérant des voies oubliées ou niées.
Connaître son passé permet aussi de pas se laisser enfermer dans des constructions de l'histoire qui visent à présenter le présent comme la seule - voire la meilleure - issue. Sous cet aspect, l'histoire peut être contestataire et a une dimension libératrice. Les dictateurs l'ont compris mieux que quiconque, eux qui ont toujours muselé les historiens qui n'étaient pas à leur service.
Présentation de l'Unité
Depuis le temps des apôtres, le christianisme n'a cessé de se métamorphoser. Il a participé à l'évolution des idées, des pratiques et des techniques, et en a subi les répercussions. Ni la bible, ni les rites fondamentaux que sont les sacrements, ni les dogmes, pas plus que les questions que se posent les chrétiens n'ont échappé à ce constant processus d'adaptation à des temps qui changent.
Pour illustrer ces métamorphoses, les enseignants actuels vous proposent de suivre l'évolution d'un thème depuis le IIe siècle jusqu'aux temps modernes. Que ce soit par l'étude de l'évolution du canon des écritures ou des sacrements, ils vous feront découvrir les grandes étapes de l'histoire du christianisme et vous présenteront les grandes questions qui les ont animées. Ils vous accompagneront dans la découverte active des chrétiens de jadis et des questions que leurs croyances posent à nos certitudes contemporaines.
Pour stimuler la réflexion
- «Je vous avoue que je ne lis presque jamais les historiens dans la vue de m'instruire des choses qui se sont passées, mais seulement pour savoir ce que l'on dit dans chaque nation et dans chaque parti, sur les choses qui se sont passées.» (Pierre BAYLE, Critique générale de l'Histoire du Calvinisme du Père Maimbourg, 1682, p. 13).
- «L’historien se doit parfois de se méfier des vues instinctives, souvent liées à cette erreur si commune qui consiste à contempler les époques passées avec une optique du temps présent.» (Léon POLIAKOV, Histoire de l’antisémitisme, I, Paris, 1956, p. 42)
- «L'histoire, ce n'est pas seulement ce qui a été, c'est aussi ce que l'on en a fait.» (Marc BLOCH, Apologie pour l'histoire, Paris, 1974, p. 2)
- «Je me demande ce que le passé nous réserve.» (Françoise SAGAN, citée dans Le Monde du 12 mars 1999).
