Qu'est-ce que l'ecclésiologie?
Lorsque nous discutons avec un ami du baptême du petit voisin, du catéchisme de notre enfant, de l'installation d'une Eglise pentecôtiste dans notre quartier, du rôle des diacres, nous voilà en plein débat ecclésiologique.
Peut-être sommes-nous un peu semblables à Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir!
Passer de la discussion qui en reste bien trop souvent au ras des pâquerettes (faute de connaissances, d'outils théologiques) à la réflexion constructive sur divers secteurs de la vie concrète de l'Eglise, voilà le défi passionnant proposé dans l'Unité d'ecclésiologie au SCT.
Par la diversité des thèmes, ce parcours offre un menu varié où la pratique (le vécu en Eglise) et la théorie (la réflexion théologique sur cette pratique) sont sans cesse en relation.
Peut-être sommes-nous un peu semblables à Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir!
Passer de la discussion qui en reste bien trop souvent au ras des pâquerettes (faute de connaissances, d'outils théologiques) à la réflexion constructive sur divers secteurs de la vie concrète de l'Eglise, voilà le défi passionnant proposé dans l'Unité d'ecclésiologie au SCT.
Par la diversité des thèmes, ce parcours offre un menu varié où la pratique (le vécu en Eglise) et la théorie (la réflexion théologique sur cette pratique) sont sans cesse en relation.
Objectifs
Mener une réflexion personnelle et en groupe sur diverses réalités d'Eglises
Elargir une vision de l'Eglise dans l'espace et le temps
Exercer un regard critique, constructif, sur la vie de différentes Eglises
Retrouver des racines, clarifier une identité ecclésiale, mieux se situer comme laïcs
Formuler et affirmer des convictions de manière cohérente. Se positionner
Acquérir de nouvelles connaissances par le groupe et l'enseignement
Préparer et vivre une célébration à la fin du parcours
Mener une réflexion personnelle et en groupe sur diverses réalités d'Eglises
Elargir une vision de l'Eglise dans l'espace et le temps
Exercer un regard critique, constructif, sur la vie de différentes Eglises
Retrouver des racines, clarifier une identité ecclésiale, mieux se situer comme laïcs
Formuler et affirmer des convictions de manière cohérente. Se positionner
Acquérir de nouvelles connaissances par le groupe et l'enseignement
Préparer et vivre une célébration à la fin du parcours
Présentation du contenu de l'Unité
Origine, vocation, mission de l'Eglise chrétienne
Qu'est-ce que l'Eglise? A partir du vécu des participants et à l'aide d'interviews de personnalités du monde politique, scientifique, littéraire, économique, de l'éducation, il s'agira de réfléchir à la spécificité de l'Eglise chrétienne, sa vocation et sa mission dans le contexte socioculturel actuel.
Qu'est-ce que l'Eglise? A partir du vécu des participants et à l'aide d'interviews de personnalités du monde politique, scientifique, littéraire, économique, de l'éducation, il s'agira de réfléchir à la spécificité de l'Eglise chrétienne, sa vocation et sa mission dans le contexte socioculturel actuel.
Eglises chrétiennes et sectes
Qu'est-ce qu'une secte? En quoi l'Eglise chrétienne se différencie-t-elle des sectes?
Eglises réformées et évangéliques
Quel dialogue possible? Ce qui unit, ce qui divise ces Eglises.
Ministères
Qu'est-ce qui caractérise le ministère pastoral, le ministère diaconal et le service des laïcs?
Œcuménisme
Quelle est l'origine, l'expansion, la raison d'être du mouvement œcuménique?
Rencontre avec des chrétiens du monde entier à l'Institut œcuménique de Bossey (près de Céligny, GE).
Catholicisme et orthodoxie
En quoi l'identité ecclésiale du catholicisme et de l'orthodoxie interroge-t-elle le protestantisme? Dialogue avec des invités de ces confessions.
Architecture
Quel sens a l'architecture d'une Eglise réformée, catholique et orthodoxe? Visite de différents lieux.
Mouvements issus de la Réforme (présentés ci-dessous)
Que vivent en Eglise les méthodistes, les darbystes, les adventistes, les pentecôtistes? A l'écoute de ces différents mouvements et plusieurs autres.
Célébration finale
Cette célébration est entièrement préparée par le groupe: après avoir pensé l'Eglise, il s'agit de la vivre!
par Suzanne Schneider, ancienne enseignante
Pour stimuler la réflexion
Par Thierry Laus, enseignant
Que penser, aujourd'hui, de l'«Eglise»? Peut-on y vivre ou en vivre?
Alfred Loisy, prêtre et théologien, eut un mot célèbre, au début du XXe siècle: «Jésus annonçait le Royaume et c'est l'Eglise qui est venue». Excommunié le 7 mars 1908 par le Pape Pie X, il précisa même, plus tard: «Jésus n'avait pas réglé d'avance la constitution de l'Eglise comme d'un gouvernement établi sur la terre et destiné à s'y perpétuer pendant une longue série de siècles».
Alfred Loisy, prêtre et théologien, eut un mot célèbre, au début du XXe siècle: «Jésus annonçait le Royaume et c'est l'Eglise qui est venue». Excommunié le 7 mars 1908 par le Pape Pie X, il précisa même, plus tard: «Jésus n'avait pas réglé d'avance la constitution de l'Eglise comme d'un gouvernement établi sur la terre et destiné à s'y perpétuer pendant une longue série de siècles».
Le bouillant historien et théologien ne voulait pas, pourtant, disqualifier l'Eglise au profit d'une nostalgie des origines. Il tenait au contraire, après avoir souligné l'écart ou la distance qui sépare l'énergie des commencements et ce que les hommes et les femmes qui s'en réclamaient en firent, à valoriser la responsabilité humaine de celles et ceux qui s'efforcent encore de vivre de l'Evangile, en dépit de l'absence du Royaume, de la réalité de la souffrance et du monde comme il est.
Le christianisme a toujours été traversé, déchiré ou tendu entre son commencement, - la messianité de Jésus, la force de l'Esprit et l'aventure des premiers témoins, - et son histoire réelle, décevante, ambiguë et même souvent scandaleuse et violente (l'inquisition, l'autoritarisme des clercs et du dogme, le prosélytisme, l'antisémitisme, etc.). Cette déchirure est au cœur de la vie chrétienne; elle donne aussi le ton de toute réflexion sur l'Eglise comme de toute «participation» à son «projet»: ce qui se vit là, ce qui se dit, se montre et se donne est-il fidèle à la promesse d'un amour plus fort, d'une justice plus juste, d'une fraternité qui défait les pesanteurs sociales et politiques, d'une vie en un mot plus vivante et plus courageuse? La conviction que rien ne le garantit est au centre de la Réforme et du protestantisme. Elle n'est pas étrangère à un certain catholicisme, comme l'abbé Loisy en témoigna vigoureusement.
L'Eglise n'est ni le Royaume ni le Ciel. Elle n'est que ce que les hommes et les femmes en firent au gré des siècles: souvent médiocre ou puissante de la puissance de la force. L'aimer, c'est peut-être se souvenir de cette parole essentielle: «le Fils de l'Homme est venu, non pour être servi, mais pour servir» (Marc 10,45 ou Matthieu 20,28). L'homme et la femme n'ont pas été «faits» pour l'Eglise ou le sabbat, c'est l'Eglise (ou le sabbat) qui a été faite pour l'homme et pour la femme, pour les servir, c'est-à-dire pour leur bonheur, pour plus de justice et plus de vérité. Lorsque l'Eglise devient le lieu d'un asservissement, lorsqu'elle devient un but en elle-même, lorsqu'elle épuise ou décourage celles et ceux qui s'y «engagent» encore, c'est le signe que «quelque chose» ne va pas, que son «service» n'est plus un lieu de libération et de vie. L'Eglise, comme la foi, peut devenir idole lorsqu'elle manque le cœur vibrant de son être et la raison de son existence: l'humain, rien que l'humain; le monde, rien que le monde. À l'instar du Fils de l'Homme, venu pour le monde et l'humain, rien que pour ça.
Réfléchir sur l'Eglise, c'est la regarder dans son histoire et ses réalités, ses divisions et ses élans, ses déceptions et ses rêves. «En être», c'est se mettre en route, en chemin, pour les hommes et les femmes de ce temps, pour le monde en ses obscurités et ses injustices comme en ses beautés et fulgurances de vie. Être-ensemble cette espérance et cette lucidité, cette confiance et cette critique sans compromis de soi-même, de l'institution et du monde. Chercher le sens qu'il y a à être ensemble, hommes et femmes de toutes origines, provenances sociales, horizons; le sens qu'il y a à être là, dans ce monde, avec, déposés comme une Histoire et une Promesse, l'énergie et le courage que la Bible dépeint en dessinant l'histoire de l'humanité aux prises avec elle-même, dans l'attente d'un Nouveau, dans les traces d'un Messie comme «premier de cordée».
Réfléchir sur l'Eglise, tenter d'y vivre ou d'en vivre, c'est peut-être aussi vivre autrement l' «Eglise»: la paroisse n'est sans doute plus le lieu unique où les hommes et les femmes d'aujourd'hui souhaitent vivre leurs rêves et leur foi, leur quête et leurs convictions. Être «fidèle», c'est forcément «inventer», «chercher»: être fidèle à cet amour du monde, des hommes et des femmes, au cœur de l'Evangile, plutôt qu'à une Loi ou une Tradition qui peinent à servir, à vivre, à effrayer les bourreaux et les salauds et à dire la beauté de la Terre. Inventer, chercher de nouvelles formes pour être-ensemble, là: avec ce qui fait aussi la richesse du monde, la culture, les autres traditions religieuses, les «hommes et les femmes de bonne volonté».
L'un des meilleurs spécialistes de l' «ecclésiologie» (réflexion sur l'Eglise), Klauspeter Blaser, dit bien cette ambivalence d'un double geste, de critique, voire de méfiance et de déception, et d'espérance et de courage:
«Réfléchir l'Eglise, méditer le problème ecclésiologique? L'entreprise ne se présente pas sous les meilleurs auspices. N'est-ce pas, une fois de plus, manœuvrer la théologie dans un ghetto, la confiner à un espace confessionnel, à une heure précisément où le religieux et les autres religions dominent le débat public de façon bien plus efficace que ne le fait la religion chrétienne? À quoi bon s'occuper d'une réalité théologique et institutionnelle qui ne passionne plus grand monde?».
À quoi bon? Au nom de cet amour de la Terre, des hommes et des femmes qui y vivent? De cette énergie des commencements que nous pouvons reprendre à nouveau pour plus de justice et de sens? Au nom de ce désir d'être-ensemble, en dépit de tout ce qui nous sépare? Concluant son propos par une réflexion sur le «culte», Blaser dit bien ce débordement de l'Eglise vers le monde, l'horizon de l'être-ensemble comme création, tout le contraire du ghetto et du retranchement:
«Le culte est [...] signe. Celui-ci atteste la présence de l'Eglise qui ne vit cependant pas par elle-même et pour elle-même, mais dont l'existence entière s'inscrit en définitive dans une dimension doxologique [de louange, de conviction]. L'Eglise s'y sait unie avec la création animée et inanimée, avec les générations passées et futures. Imperturbable dans sa louange, l'Eglise, aussi misérable que puisse être son existence concrète, maintient que ce qui apparaît comme un leurre renvoie en fait à la gloire de Dieu».
Or, la «gloire de Dieu», c'est la Terre, l'homme et la femme heureux. Le seul enjeu de toute réflexion sur l'Eglise. L'Evangile, comme le Zarathoustra de Nietzsche, toujours nous demandera: «Es-tu fidèle à la Terre?».
Indications bibliographiques
Klauspeter BLASER, Signe et instrument. Approche protestante de l'Eglise, Fribourg, Éditions Universitaire de Fribourg, 2000 [Les passages cités sont tirés de ce livre, p. 5 et p. 195]
Alfred Loisy présenté par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, L'Evangile et l'Eglise. Autour d'un petit livre. Jésus et la tradition évangélique, Paris, Noesis, 2001
