Qu'est-ce que la théologie dogmatique?
«Notre époque est à la recherche d'une question perdue, fatiguée par les bonnes
réponses» Jean-Luc Godard
Qu’est-ce que la théologie?: «C’est la patience de l’intelligence dans l’impatience de l’amour», répondit un religieux, théologien.
Dans le langage classique de l'Université, cette Unité porte le nom de «théologie systématique», «théologie fondamentale» ou de «dogmatique». Voilà bien un nom qui ne va pas sans résonance et sans susciter réaction ou suspicion. Les pistes qui suivent sont là pour débroussailler et clarifier cette notion et pour aider le lecteur/la lectrice à faire la différence entre un «esprit dogmatique» et «l'esprit de la dogmatique».
Qu'est-ce donc que la théologie dogmatique?
C'est une tâche de la pensée, toujours à reprendre, et nourrie par le travail infini du sens. Elle se déploie sur un double versant à la fois interne et externe au christianisme et aux Eglises.
La théologie, un service rendu aux Eglises et aux croyants
En premier lieu, la dogmatique est l'effort de rendre compte de la foi chrétienne de manière compréhensible, à la fois pour les croyants eux-mêmes, et pour les gens extérieurs à cet univers de significations. Elle a pour horizon la traduction des témoignages bibliques dans un langage compréhensible par une culture ou un contexte particuliers. C'est une activité de réflexion critique, qui interprète la tradition pour actualiser le message chrétien, en fonction d'une situation concrète. Sa dimension critique est ainsi le service qu'elle rend au christianisme, à une Eglise, à une communauté, à une foi ou à un système de croyances et de convictions. La réflexion théologique aide ainsi une religion à devenir «religion vraie», entendue non pas comme la seule et unique vraie religion, mais comme religion authentique, c'est-à-dire authentiquement et profondément humaine.
réponses» Jean-Luc Godard
Qu’est-ce que la théologie?: «C’est la patience de l’intelligence dans l’impatience de l’amour», répondit un religieux, théologien.
Dans le langage classique de l'Université, cette Unité porte le nom de «théologie systématique», «théologie fondamentale» ou de «dogmatique». Voilà bien un nom qui ne va pas sans résonance et sans susciter réaction ou suspicion. Les pistes qui suivent sont là pour débroussailler et clarifier cette notion et pour aider le lecteur/la lectrice à faire la différence entre un «esprit dogmatique» et «l'esprit de la dogmatique».
Qu'est-ce donc que la théologie dogmatique?
C'est une tâche de la pensée, toujours à reprendre, et nourrie par le travail infini du sens. Elle se déploie sur un double versant à la fois interne et externe au christianisme et aux Eglises.
La théologie, un service rendu aux Eglises et aux croyants
En premier lieu, la dogmatique est l'effort de rendre compte de la foi chrétienne de manière compréhensible, à la fois pour les croyants eux-mêmes, et pour les gens extérieurs à cet univers de significations. Elle a pour horizon la traduction des témoignages bibliques dans un langage compréhensible par une culture ou un contexte particuliers. C'est une activité de réflexion critique, qui interprète la tradition pour actualiser le message chrétien, en fonction d'une situation concrète. Sa dimension critique est ainsi le service qu'elle rend au christianisme, à une Eglise, à une communauté, à une foi ou à un système de croyances et de convictions. La réflexion théologique aide ainsi une religion à devenir «religion vraie», entendue non pas comme la seule et unique vraie religion, mais comme religion authentique, c'est-à-dire authentiquement et profondément humaine.
Ainsi, les chrétiens ont dû, dès l'origine, rendre compte de leur foi et de l'espérance qui les habitaient; ils ont rédigé des témoignages sous forme de lettres, d'évangiles, etc. Pour dire l'essentiel de ce qu'ils croyaient, ils ont élaboré des confessions de foi. Et puis, toujours dans le même mouvement, ils ont développé tel ou tel point qu'il fallait clarifier, soit dans le dialogue ou la confrontation avec le monde ambiant (juif, latin, hellénistique...), soit à l'intérieur même de l'Eglise, dans le cadre des débats internes. Donnons un exemple: si on confesse que Jésus est le Christ, qu'est-ce que cela signifie? Est-ce que cela veut dire qu'il est Dieu, Fils de Dieu, ou, simplement, qu'il est porteur d'une dimension divine à laquelle il renvoie? Est-il humain, divin ou les deux à la fois? Et, si tel est le cas, comment la part humaine et la part divine coexistent-elles en lui?
Mais plus fondamentalement encore, le Christ est-il représentant de Dieu sur terre («Dieu se promenant sur terre»...) ou «figure humaine renvoyant à Dieu»? Enfin, les réponses données à ces questions ne seront pas sans incidence sur la manière d'articuler christianisme et autres religions... (quel rapport entre Jésus proclamé Messie - c'est-à-dire Christ - et d'autres figures fondatrices de religion, comme le Bouddha par exemple?). Et ainsi de suite à propos de tous les thèmes de la foi. C'est ainsi qu'on a élaboré des «dogmes», c'est-à-dire des balises, des points de repères, des propositions qui cherchent à exprimer ce que l'on croyait ou ce que l'on ne croyait pas.
La dogmatique cherche donc à établir un pont entre les témoignages de la tradition (biblique et historique) et la culture d'une époque et d'un milieu donnés. Par exemple: dire «je crois en Dieu» n'est pas compréhensible immédiatement. Il faut encore expliquer ce qui est en jeu dans cette affirmation. Qui est le Dieu en qui je crois? Comment se manifeste-t-il? Comment est-ce que je le connais? Qu'est-ce que cela change de s'y référer ou non? Et que signifie «croire», etc.? Voilà un exemple de travail typiquement dogmatique.
La théologie, un service rendu à la société
En second lieu, la tâche de la théologie systématique est d'offrir une réflexion critique sur le phénomène religieux et les religions en général à partir d'un point de vue spécifique, c'est-à-dire ancré dans une tradition particulière. Autrement dit, la théologie constitue ici une «discipline qui interroge l'être humain quant à ses dieux». Elle l'interroge sur des questions frontières, lourdes de sens et d'enjeux, sur des questions qui mettent en scène l'être humain et son monde.
Quelques exemples (leur présentation juxtaposée appelle de fait connexions, renvois et jeux de reprise):
Ce que le Livre des juifs et des chrétiens dit de la création n'est pas sans lien avec ce que l'être humain dit de son rapport aux origines, aux commencements, à la naissance, à l'engendrement, à la croissance, à la mort et aux négativités qui travaillent les personnes et les choses.
- Les affirmations relatives au Christ renvoient à la question humaine de la médiation, c'est-à-dire à ce qui relève de l'ordre d'un passage, d'une jonction ou d'une articulation (transcendance/immanence, intériorité/extériorité, identité/altérité, double appartenance, etc.); ou font écho encore aux demandes et préoccupations de nombre de nos contemporains touchant le besoin de «figures de référence et d'identification» (maître, guide, enseignant, modèle, mentor, etc...).
- En ce qui concerne la question de Dieu, il convient là aussi de la mettre en perspective et en résonance avec ce qui touche notre rapport à l'absolu (littéralement, ce qui n'est pas lié, ce qui est sans attache, ce qui nous déborde, se tient en excès ou nous concerne de manière ultime).
- Quant aux dispositifs d'Eglise et aux réalités institutionnelles, ils touchent aux formes d'appartenance, aux structures sociales et communautaires par lesquelles les humains prennent corps, se relient et se font face.
- On pourra également montrer en quoi le recours à la dynamique de l'Esprit fait écho à ce qui nous advient comme don, largesse, libéralité, gratuité et liberté (classiquement récapitulée sous le terme de «révélation»).
- Enfin, les propos relatifs à la «fin des temps» (eschatologie) ne vont pas sans évoquer la question éminemment moderne de la réalisation de soi (constitution des sujets), de l'accomplissement (épanouissement) de l'être humain et du monde (en termes de vocation, de projet ou de mission).
Mais, de manière plus fondamentale encore, la pensée théologique s'attachera à montrer que la vérité d'une religion n'est pas d'abord liée à ses représentations ou pour le moins que sa vérité ne fait pas nombre avec ses représentations. La réalité du «croire», avant que d'être un système de représentations, un corps de symboles et de doctrines qui prennent forme dans des réalités institutionnelles, est affaire d'expérience existentielle qui se déploie en humanisation de l'être humain et de son monde.
Sources
Pierre Gisel, La théologie face aux sciences religieuses, Labor et Fides, 1999
Pierre Gisel, La théologie, Quadrige Manuels, PUF, 2007
Dorothee Soelle, «Libérer notre parler de Dieu. La question de Dieu dans la théologie féministe de la libération», Université de Lausanne, 1992.
Collectif, «La théologie en éclat(s)», Bulletin des Cèdres, No 29, juin 2008
Présentation de l’Unité
Le thème que nous vous proposons cette année est la christologie envisagée comme différentes manières de comprendre, de vivre et d'exprimer «Jésus, le Christ». Cela nous amènera aussi à aborder quelques éléments relatifs à l'action de l'Esprit Saint.
Qu’est-ce que la christologie?
De nombreux thèmes religieux ou non peuvent faire l'objet d'une approche théologique et d'une réflexion systématique. Pour que vous puissiez vous faire une idée de ce qui est abordé dans cette Unité 5, nous avons choisi une brève introduction à la christologie. Sous ce terme technique, il faut entendre les diverses interprétations que les premières communautés chrétiennes ont données de l'homme de Nazareth et celles qui, par la suite, se sont peu à peu imposées dans les Eglises chrétiennes majoritaires; ainsi en est-il des titres de Messie (Christ), Seigneur, Logos, Fils de Dieu et Sauveur... La christologie tente enfin de déployer le «monde de sens» et la pertinence que la figure du Christ peut prendre dans le contexte actuel.
L'énigme Jésus
Il y a parfois, dans l'histoire des civilisations, des bifurcations, des lignes de démarcation dont on peut dire clairement qu'il y a un avant et un après. L'énigme qui entoura la vie et la mort de Jésus de Nazareth modifia le visage du monde. Cette figure historique et ce que d'autres plus tard diront de lui révolutionnèrent la culture, la civilisation, la morale et les mentalités. Depuis lors, des millions d'êtres humains ont pensé, agi et parlé à sa suite; aujourd'hui encore ils sont légion ceux qui prétendent se laisser inspirer par lui. Pourtant, il n'est pas nécessaire d'être chrétien, croyant et pratiquant pour se demander qui fut ce personnage, le rôle qu'il joua et l'héritage qu'il laissa.
Toute grande religion, mouvement d'idées politique, scientifique ou philosophique d'importance a son fondateur, sa figure emblématique, sa référence obligée, son «père spirituel», plus ou moins adulé et vénéré. Jésus pourtant n'a rien écrit. Aucun document de son vivant ne le mentionne, ni lettre officielle, ni écrit privé. Il est le sujet d'une oeuvre posthume dont il est l'inspirateur faute d'en être l'auteur. Nous ne savons de lui que ce que d'autres en ont dit. Témoignages de seconde main; que certains voudraient de part en part inspirés et intouchables, que d'autres lisent comme autant de regards partiels et subjectifs, comparables au regard de l'amoureux qui écrit à sa belle, que d'autres encore livrent à l'investigation et à la critique historiques. Pluralité de regards qui ouvrent au travail infini du sens.
L'origine de la révolution suscitée par «l'homme de Nazareth» restera à jamais énigmatique. Comment expliquer que la trajectoire de cet homme ait pu déboucher sur l'embrasement que représentera plus tard le christianisme? Comment comprendre que la vie, l'enseignement et la mort d'un homme aient été considérés comme absolument décisifs par certains et exercé une influence spirituelle exceptionnelle? Comment se situer face au fait que le «héraut» qui proclamait la «proximité toute proche de Dieu» soit devenu le «divin-héros» élevé et proclamé Messie, Seigneur, Sauveur, Lieu-tenant de Dieu, par les auteurs chrétiens, par la doctrine des Eglises et bon nombre de croyants qui marchent à sa suite? A l'heure de ce prétendu village-global qu'est notre monde actuel, comment concevoir enfin la place du christianisme parmi les autres religions?
Voilà quelques questions que nous aborderons lors de cette Unité 5 destinée à mieux comprendre l'univers de sens déployé par la «figure» du Christ et à risquer, en toute liberté, quelques paroles autour de cette question: «Et vous qui dites-vous que je suis?» (Evangile selon Matthieu 16,15).
Objectifs de l'Unité
- A partir d'un thème, en prenant en compte les itinéraires de chacun(e) et la dynamique du groupe, donner la possibilité aux participants d'avancer vers une réflexion et une spiritualité intégrées à leur personne.
- Découvrir la place que la figure du Christ joue dans la recherche spirituelle en se confrontant aux défis de notre temps et aux différentes fonctions que le Christ occupe dans l'économie chrétienne.
- Faire l'apprentissage d'une réflexion méthodique et cohérente, au carrefour des témoignages bibliques et historiques et des discussions actuelles.
Deux exemples de parcours
1) Thématique des colloques (selon Jean-François Habermacher)
- Colloque 1: Qu'est-ce que la théologie dogmatique? Et entrée en thème: Le Christ pluriel, contemporain de tous les temps
- Colloque 2: Qu’est-ce que le christianisme? Naissance de la christologie et des dogmes de la Grande Eglise (rôle des Conciles)
- Colloque 3: L'enjeu du Christ: son message et son oeuvre de libération, sa mort et sa résurrection
- Colloque 4: Le Christ et les autres religions
Le livre d’André Gounelle, Parler du Christ, Van Dieren, Paris, 2003, servira de fil rouge à cette unité. Les participants pourront présenter, en plenum, certains chapitres de cet ouvrage.
Pour lancer la réflexion…
«Jésus n'est pas le monopole des chrétiens!»
«Les Evangiles m'ennuient, comme la Bible, comme le Coran, comme tous les textes religieux. Ecrits par des dévots et pour des dévots. Ecrits par des disciples, et pour en faire. Révélation, disent-ils; mais ses vrais noms sont prosélytisme, crédulité, propagande. (...) Lisant en même temps Spinoza, Marx et Freud, je fus, pendant quelques années, vigoureusement antichrétien. C'était la rage des apostats. Il faut bien que jeunesse se passe. (...)
Ce qui m'a amené à plus de mesure, à plus de compréhension, c'est surtout la lecture de deux livres (Les dieux, du philosophe Alain, et Le Christ chez Spinoza, d'Alexandre Matheron). Cela m'a réconcilié avec la foi de mon enfance ou plutôt avec la morale qui en était solidaire, réconcilié avec l'enfant que j'avais été, que j'étais encore et surtout cela m'a ramené au Christ, du moins à une certaine image que je m'en suis faite: celle d'un homme libre qui préférait l'amour à la puissance, et qui en est mort, atrocement, ignominieusement, sur une croix. C'est le contraire du Dieu tout-puissant, du Dieu vengeur, ce n'est plus un Dieu du tout et c'est le seul qui m'émeuve»
André Comte-Sponville, Impromptus
2) Thématique des colloques (selon Michèle Bolli)
«Les Evangiles m'ennuient, comme la Bible, comme le Coran, comme tous les textes religieux. Ecrits par des dévots et pour des dévots. Ecrits par des disciples, et pour en faire. Révélation, disent-ils; mais ses vrais noms sont prosélytisme, crédulité, propagande. (...) Lisant en même temps Spinoza, Marx et Freud, je fus, pendant quelques années, vigoureusement antichrétien. C'était la rage des apostats. Il faut bien que jeunesse se passe. (...)
Ce qui m'a amené à plus de mesure, à plus de compréhension, c'est surtout la lecture de deux livres (Les dieux, du philosophe Alain, et Le Christ chez Spinoza, d'Alexandre Matheron). Cela m'a réconcilié avec la foi de mon enfance ou plutôt avec la morale qui en était solidaire, réconcilié avec l'enfant que j'avais été, que j'étais encore et surtout cela m'a ramené au Christ, du moins à une certaine image que je m'en suis faite: celle d'un homme libre qui préférait l'amour à la puissance, et qui en est mort, atrocement, ignominieusement, sur une croix. C'est le contraire du Dieu tout-puissant, du Dieu vengeur, ce n'est plus un Dieu du tout et c'est le seul qui m'émeuve»
André Comte-Sponville, Impromptus
2) Thématique des colloques (selon Michèle Bolli)
- Colloque 1: Introduction à l'Unité, à la discipline, à la méthode, à la journée. Thématique: Jésus-Christ, un être humain particulier: un sage? Un prophète? Un maître? «Et vous, qui dites-vous que je suis?»: cette question permettra de faire le lien avec les connaissances acquises jusque-là.
- Colloque 2: Thématique: l'œuvre de Jésus-Christ, sa mort et sa résurrection. Entre recherches historiques et témoignages bibliques, comment comprendre le lien entre Jésus et Christ ainsi qu’entre Jésus et son Dieu?
- Colloque 3: Thématique de la tradition et des changements dans le christianisme. Continuité et diversité. Analyse de diverses confessions de foi. Quel rapport peut-on développer avec ces textes: celui de l’intéressé, du témoin, du disciple, du fils /fille ou autre encore?
- Colloque 4: Thématique de la parole théologique comme ressource pour connaître Jésus-Christ, en parler aujourd’hui, et faciliter le dialogue avec des points de vue différents. Liens avec l’œuvre de l’Esprit Saint.
Pour lancer la réflexion…
«Joyce se demandait: le chrétien est-il juif ou grec? Est-il juif et grec en même temps? On ne peut définir le chrétien ni par exclusion, ni par addition. Le chrétien par son origine et sa culture est juif ou grec, mais, par sa vocation il ne reste ni juif ni grec, parce qu'il doit se dépouiller de tout particularisme qui exclut l'autre pour accueillir en lui la différence de l'autre».
E. Bianchi, Comme un étranger, p.18
E. Bianchi, Comme un étranger, p.18
«Des croix de toutes sortes se dressent dans l’histoire humaine. Le symbole christologique de la souffrance active de Dieu dans le Christ devient historiquement un symbole inclusif, embrassant les souffrances des femmes et des hommes de toutes les époques. Le corps souffrant du Christ inclut le corps violé, brisé des femmes».
Elisabeth A. Johnson, Dieu au-delà du masculin et du féminin, p. 408
Elisabeth A. Johnson, Dieu au-delà du masculin et du féminin, p. 408
«Il y a quelque chose dans le monde qui résiste au monde, et cette chose ne se trouve ni dans les églises ni dans les cultures ni dans la pensée que les hommes ont d'eux-mêmes, dans la croyance mortifère qu'ils ont d'eux-mêmes en tant qu'êtres sérieux, adultes, raisonnables, et cette chose n'est pas une chose mais Dieu»
C. Bobin, Le Très-Bas, p. 111
C. Bobin, Le Très-Bas, p. 111
